Quality Street art #4 – Murmure street

Le street art fait partie de nos vies, il a envahi nos villes mais aussi la publicité et les objets du quotidien. L’Oiseau a décidé de faire le portrait des street artistes qui ornent nos rues.
Au détour d’une rue, vous avez sûrement croisé une petite fille ou un grand-père faisant du graffiti, des policiers sur des autruches ou alors de splendides portraits d’ hommes âgés au visage buriné. Nous avons rencontré l’auteur de ces collages ironiques et oniriques qui souhaite fortement abolir les frontières entre l’art et la communication.

(Photo : logo utilisé aux débuts de l’agence Murmure)

– Peux-tu nous parler de la création de Murmure street ?

Paul Ressencourt: Au départ, Murmure, c’était tout un ensemble. Il y avait l’agence de communication dans laquelle je travaille en tant que Co-fondateur et Directeur Artistique, et aussi une antenne street art. L’équipe avec laquelle j’ai fondé l’agence en 2010, était composée de quatre personnes : un qui s’occupait du web et trois personnes des Beaux-Arts : Julien Alirol, Simon Roche et moi. À cette époque, on faisait du street art autant que du graphisme. Au fur-et-à-mesure l’équipe a changé, et maintenant il ne reste plus que Julien Alirol dans les personnes qui étaient à l’origine du projet. On a dissocié les choses récemment, il ne reste plus que moi qui fais du street art. Les autres ont abandonné pour de multiples raisons. C’est vraiment une des parties de Murmure qui me tenait à cœur. À l’origine, si on a appelé l’agence de communication “Murmure” c’est parce qu’il y avait deux fois le mot «mur» dedans et qu’on peut jouer avec le mot «rue». C’était vraiment une volonté d’avoir quelque chose de très urbain dans le travail de communication. Par exemple, on fait vraiment un travail d’installations et de collages extérieurs comme on a pu faire pour le CCN ou lors de Nordik Impakt. On a aussi recouvert le Cargö, des choses comme ça.

2) Collages pour Nordik Impakt

Collages pour Nordik Impakt

« À l’origine, si on a appelé l’agence de communication “Murmure”,
c’est parce qu’il y avait deux fois le mot «mur» dedans et qu’on peut jouer avec le mot « rue ». »

3) Habillage du Cargö

Habillage du Cargö

 

Le travail de street art a vraiment influencé le travail de l’agence et inversement d’ailleurs. Aujourd’hui l’agence marche très bien, on a embauché des gens, on est une grosse structure. Mais on ne peut pas demander à nos salariés de sortir pour faire du street art !

J’ai donc sorti le street art de l’agence de communication et c’est pour ça que depuis deux, trois ans, je me retrouve à faire ça tout seul. Le nom est devenu “Murmure Street” parce que ça reste mes dessins, mon style, mais le mot “street” a été rajouté pour faire la distinction avec l’agence de communication.

– Comment as-tu découvert le street art ?

1) Logo Murmure

Logo de l’Agence Murmure à ses débuts

Je suis rentré aux Beaux-Arts parce que je faisais du graffiti.  Au départ, j’ai fait des études d’infirmier. La nuit je faisais du graffiti, je ne me trouvais pas très bon, mais ça m’a intéressé de me balader et de jouer avec les éléments urbains. Tout ce que j’ai appris aux Beaux-Arts me sert pour le métier que je fais aujourd’hui. Ça a enrichi mon univers au profit du street art. Mon travail est le fruit d’un processus qui a pris du temps. Il y a eu presque trois ans d’études aux Beaux-Arts entre le moment où je faisais des choses dans la rue et à côté du dessin pour finalement me dire : « la solution, c’est faire du dessin dans la rue ». Pendant mes études, je commençais déjà à faire des dessins de sans-abris, de visages abîmés. C’est un sujet que j’aimais bien dessiner. D’ailleurs, un des premiers projets que j’ai fait à l’école, c’est « Muses urbaines ». Dans le street art, ce n’est pas vraiment le côté graffiti qui m’a intéressé, mais plutôt les murs, leur texture, les gens qui vivent dans la rue. Quand j’étais enfant, je voyageais souvent en Italie. J’ai découvert à Naples les œuvres d’Ernest Pignon Ernest : pour moi c’est le créateur du street art.

5) Ernest Pignon Ernest

Ernest Pignon Ernest

6) Jr et Kourtrajmé

Jr et Kourtrajmé

 

C’était un très bon dessinateur, il faisait des dessins échelle 1, à taille réelle. Il utilisait la même technique que celle dont je me sers maintenant et collait ses œuvres dans la rue. C’est une grosse référence et c’est un précurseur du mouvement street art en Europe. Il est d’ailleurs toujours en activité. Pour les autres influences : lorsque j’ai commencé le street art en 2008-2009, c’était les premiers moments où JR commençait à être connu. Il faisait ses petites expos sauvages, à partir de photos, il avait fait un projet pour Kourtrajmé Productions. C’était le début des grandes interventions street art.

 

– Quelle est ta technique et quels sont les outils que tu utilises ?

Pour la technique, je dessine le croquis original sur du papier à l’échelle 1 avec de la pierre noire (un peu comme un fusain, ça fait des noirs très profonds). Je dessine à taille réelle pour avoir un collage très réaliste. Je me base sur des photos car j’en ai besoin pour que mes collages aient de l’impact sur les gens. Une fois que j’ai fait mon dessin, je le scanne, puis l’imprime en exemplaires limités que je numérote et que je signe. Ce sont ces exemplaires que je colle dans la rue. Avec 30 dessins semblables, selon les endroits choisis, il y aura 30 œuvres différentes. Puisque l’œuvre se crée dans la rue et le dessin joue avec l’espace urbain. C’est cette interaction qui fait l’œuvre finale. Seuls, mes dessins seuls ne veulent rien dire.

7) Esquisse à la pierre noire

Dessin à la pierre noire

Peux-tu nous parler plus précisément du projet “Muses urbaines” ?

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« Muses urbaines »

J’ai toujours eu envie de mettre en avant les sans-abris et les gens qui vivent dans la rue ; d’en faire autre chose qu’un constat photographique. C’est pour ça que j’ai appelé ce projet « Muses urbaines ». Je voulais les élever à un rang supérieur, celui d’icône ou de muse. Les mettre en valeur sans les dénaturer. Faire ces grands portraits permet de voir leur beauté. Il y a aussi « le jeu de la rue » qui rentre en compte : le temps use l’œuvre comme le temps use la personne. L’œuvre disparaît peu à peu comme les sans-abri qu’on a tendance à ne plus voir. Je préfère la marque du temps : au début quand je le colle, c’est tout propre, mais c’est le temps qui passe et surtout son action sur l’œuvre qui m’intéresse vraiment. Pour le trompe-l’œil, ça n’a pas vraiment d’importance, mais pour les portraits, c’est mieux quand le temps a usé le papier, qu’il a pris l’empreinte du mur derrière. Je passe beaucoup de temps à chercher l’endroit où je vais coller. Pour que, lorsque ça va être « fondu », les fissures du mur deviennent les rides du personnage, la couleur va prendre celle de son support.

 

– Justement, comment choisis-tu les endroits où tu vas coller ?

9) Papy graffeur

« Old school »

Je vais faire mes dessins en fonction de récurrences urbaines, c’est-à-dire que le graffiti est toujours à peu près à la même hauteur. Je pars de ce constat pour me demander comment je peux m’en servir et les détourner.
En ce moment je fais un papy qui graffe, parce que le graffiti a un côté très vieillissant. Aujourd’hui, ça n’intéresse pas la jeune génération, on trouve des graffeurs qui sont quarantenaires ou cinquantenaires. Bientôt on aura des papys graffeurs, je trouve ça cool d’avoir des papys qui graffent en vandale [ndlr : graffer en vandale veut dire graffer à des endroits interdits, sans aucune autorisation]. Je tourne tout ça en dérision.

Je choisis ce sujet-là parce que je sais qu’il va y avoir des graffitis à telle hauteur. Quand j’en vois qui me plaisent, qui correspondent à la hauteur de mon dessin, je le colle. Un « anarchie » comme là par exemple, c’est un bon prétexte pour coller.  [Paul me montre un de ses collages que l’on peut voir de la fenêtre du lieu où nous nous trouvons : c’est une petite fille de dos qui est en train d’écrire quelque chose sur le mur. C’est collé juste en-dessous d’un graffiti anarchiste, avec la façon dont elle est placée, on a l’impression que c’est elle qui l’a écrit.] En l’occurrence, le “A” c’est moi qui l’ai rajouté. Parce qu’il arrive souvent, que lorsque je colle un dessin sous un graff, la ville le nettoie mais laisse mon dessin. Je me retrouve avec un dessin qui ne veut plus rien dire. Donc je reviens de temps en temps pour repasser les graffs effacés. C’est un phénomène que je vois de plus en plus, à Caen en tout cas, moins à Paris.

« …Et que la création, ce n’est pas une illumination, mais un processus de travail.
Le travail d’artiste doit être riche en termes de communication et de maîtrise de son image.
Ces deux choses s’influencent quotidiennement. »

– As-tu vu une évolution dans ton travail ?

10) Projet à la SMN

Projet à la SMN

Oui. Je fais de l’art jour et nuit :  mon travail de direction artistique que je fais au quotidien et le street art sur le peu de temps qu’il me reste. Je passe mon temps à faire de l’art et du design, qui pour moi sont les mêmes choses. Pour mon travail, je me suis retrouvé à faire des façades entières avec la même technique : du papier collé. Pas de dessin, mais des motifs qui jouent avec des volumes. Comme le projet que j’ai fait avec la SMN.

Ça c’était une vraie évolution dans mon travail de street artiste. C’est quelque chose que je ne faisais pas du tout au début et qui est venu avec les commandes de mes clients. J’ai appris à apprécier. C’est important pour moi de lier ces deux choses, on peut d’ailleurs y ajouter la photographie, la communication. Ils appartiennent tous au même domaine. Malheureusement, aux Beaux-Arts et chez les galeristes, ce sont des choses très cloisonnées. Si tu dis à un galeriste que tu es communicant, il va te regarder plus comme un communicant que comme un artiste : comme quelqu’un qui sait mettre son travail en valeur plutôt que comme quelqu’un qui a une réelle démarche artistique. Inversement, si en tant que communicant, tu dis que tu es un artiste, on va te prendre pour un illuminé qui a des caprices etc… Dans les deux domaines, j’ai toujours essayé de faire comprendre ça aux gens : que ce n’est pas incompatible, au contraire. Et que la création, ce n’est pas une illumination, mais un processus de travail. Le travail d’artiste doit être riche en termes de communication et de maîtrise de son image. Ces deux choses s’influencent quotidiennement.

– As-tu déjà travaillé sur des supports autres que les murs et les façades ?

11) Muses urbaines inside

« Muses urbaines inside »

Oui. En street art, tu as « inside » et « outside ». Le « outside », c’est ce dont nous venons de parler. Pour le « inside », le travail consiste à trouver comment mettre en valeur tes œuvres dans des «tableaux», tout en sachant que le but, ce n’est pas de faire des tableaux à proprement parler. Donc là, j’ai fait un projet qui s’appelle « Muses urbaines inside », où j’ai reproduit des œuvres sur des murs enduits. Je ne pouvais pas faire des choses à plat, il fallait que je retrouve une certaine texture. Ensuite je les ai usés, pour obtenir ce que je n’arrive pas à avoir dans la rue, car dans la rue, soit l’usure ne va pas avoir le temps de se faire parce que les gens auront arraché l’œuvre, soit ça ne va pas suffisamment s’user car ce n’est pas assez soumis aux intempéries. Il faudrait attendre trop longtemps pour que j’obtienne le résultat désiré. Par conséquent, j’ai usé mes portraits jusqu’à ce que, pour moi, ce soit l’harmonie parfaite.

– J’ai rencontré des artistes qui avaient peint sur des jouets, des baskets et même un escargot …

Ça, c’est de la customisation. Ce sont des graffeurs ou des illustrateurs qui ont fait ce genre de choses. Moi, mon sujet ne s’y prête pas vraiment et ça ne fait pas partie de mes envies. De plus, je maîtrise la communication, je sais ce qu’il faut faire et ne pas faire. Il y a des projets pour lesquels cette façon de faire est pertinente : des customisations pour des séries collector par exemple.

12)Collage Technoline en cours

Collage Technoline en cours

-Est-ce que tu peux nous parler du collage que tu as fait sur l’immeuble Technoline sur la Presqu’ île ? Il était immense ! Ça a dû te prendre énormément de temps !

Je me suis fait aider par mon acolyte de tous les jours, Julien Alirol. C’est mon collaborateur à l’agence et c’est lui qui participe à tous les grands collages que je peux faire. À deux on a mis trois jours à coller. C’était surtout l’installation de l’échafaudage qui était très technique.
Le mur n’était pas de très bonne qualité : malheureusement le collage n’est pas resté longtemps. Il a dû rester visible deux ou trois mois. Mais c’était un beau projet, c’était vraiment intéressant. Ça prend vraiment une autre dimension de travailler avec cette taille-là. Ça m’a donné envie de réitérer l’expérience, je le referais cet été, mais pas forcément avec les mêmes sujets.

12) BIS Collage Technoline terminé

Collage Technoline terminé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Est-ce qu’il y a des artistes avec qui tu aurais envie de coopérer ?

13) Levalet

Levalet

Oui, il y a un artiste qui est en train de grimper : il s’appelle Levalet. Il a commencé il y a trois, quatre ans, il exerce sur Paris. Il fait lui aussi des dessins échelle 1, en trompe-l’œil. Lui, c’est un prof de dessin, donc il a un très bon trait et contrairement à moi, il travaille au pinceau. On n’a pas tout à fait la même démarche, mais on pourrait faire vivre certains de nos projets ensemble. On est en train de parler d’une collaboration et quand on aura le temps on le fera. Mais puisqu’il a vraiment décollé, c’est son travail à plein temps, je pense qu’il est pas mal “booké”.

-Est-ce que ton travail sert à dénoncer ? Je parle de « Muses urbaines », mais aussi des policiers sur les autruches par exemple …

14)Policiers sur autruches

« Police montée »

Non, je n’essaye pas de faire un travail à consonance politique ou sociale. Pendant longtemps, j’ai appelé mon collectif « Artisme ». Je me servais de ce nom car ça représente bien la philosophie de notre travail : un artiste qui prône l’esthétique avant toute chose. Moi, c’est plutôt ça mon truc, la poésie, le côté onirique que dégage le dialogue entre les personnages et la rue. Quand je colle mes portraits, je n’ai pas plus l’intention que ça de dire qu’il y a des gens pauvres dans la rue. À part si on lit les textes, on ne sait pas que ce sont des clochards. D’ailleurs, ça pourrait être n’importe qui, Monsieur tout le monde. Et quand je mets des flics sur des autruches, c’est parce que ça me fait marrer !

« Pendant longtemps, j’ai appelé mon collectif « Artisme ». Je me servais de ce nom car ça représente bien la philosophie de notre travail : un artiste qui prône l’esthétique avant toute chose. Moi, c’est plutôt ça mon truc, la poésie, le côté onirique que dégage le dialogue entre les personnages et la rue. »

14) BIS Mamie qui agresse une racaille

« La force de l’âge »

Par exemple il y a quelques temps, une mamie s’était fait agresser par une “racaille”, mais elle ne s’est pas laissé faire. En fin de compte, c’est lui qui s’est retrouvé à terre à prendre des coups de sacs. J’avais trouvé ça tellement drôle que j’en ai fait un dessin !

C’est comme dans le rap, tu n’es pas obligé de faire du rap parce que tu viens du ghetto. Tu peux très bien faire des bons textes sans être obligatoirement dans la misère.

– Mais quand tu vois les mouvements sociaux qui émergent en ce moment, comme Nuit debout, etc. eux aussi se réapproprient la ville, est-ce que ça te donne envie de créer de nouvelles choses ?

Oui ! Ils ont fait des tags partout, ça m’a donné envie de coller. En plus certains slogans sont géniaux ! Certains sont très politisés, un peu attendus … Genre «Police partout, justice nulle part » écrit sur le Palais de Justice. Mais pour mon projet c’est du pain béni !

 

15) réappropriation des slogans Nuit Debout

Réappropriation des slogans Nuit Debout – « L’enfance de l’art »

– Quels sont les artistes qui te plaisent en ce moment ?

Comme artiste hors street art, je peux te citer le travail d’un ami qui s’appelle Matthieu Martin. Il a aussi fait les Beaux-arts et était graffeur. Maintenant il fait de l’art contemporain. J’aime beaucoup chez lui le côté urbain dans son travail. C’est vraiment singulier ce qu’il fait. Il est allé très loin dans le graphisme, notamment dans sa série nommée «Cover up».

16) Matthieu martin Cover Up

Matthieu Martin, « Cover Up »

16) BIS Evol

Evol

Sinon il y a Evol, qui repeint les gros blocs électriques, les sortes de bornes. Il prépare chez lui de gros cartons qui viennent recouvrir entièrement la borne. Sur ce carton, il refait des villes : à la bombe, en hyper réaliste ! Quand tu te promènes à côté, tu as l’impression d’être un géant près d’une ville miniature.

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Joël Daniel Phillips

Il y a aussi un américain, lui non plus n’est pas street artiste, mais il dessine des sans-abris avec un style très réaliste. On utilise à peu près la même technique, c’est quelqu’un que j’ai découvert assez récemment. On a à peu près les mêmes sujets, sauf que lui les mets en galerie, pas dans la rue. Son nom c’est Joël Daniel Phillips.

– Que penses-tu de la démocratisation du street art ?

C’est un peu complexe comme question.  Pour les publicitaires c’est un peu différent : il y a ce que l’on appelle le « street marketing ». Si on veut résumer le street marketing, à la base, c’est diffuser des prospectus dans la rue. Mais les publicitaires mettent un temps avant de s’approprier les choses. Quand ils le font, c’est souvent trop tard. Ou alors, c’est justement parce qu’ils s’en emparent que c’est trop tard. Je n’ai pas vraiment l’impression que ce soit le cas dans le street art, mais plutôt pour le graffiti. Pour moi, c’est un domaine qui est un peu passé de mode, il y a eu l’expo au Grand Palais, la Tour 13 etc … [ndlr : la tour 13 est une  tour du 13 ème arrondissement qui est devenue un lieu de création artistique exceptionnel et une galerie d’exposition collective. Elle a été investie par 108 graffeurs, pochoiristes, colleurs et peintres grâce au projet de la galerie Itinerrance. Celle-ci a depuis été détruite.]

17) BIS Expo au Grand Palais

Expo au Grand Palais

17) La tour 13

La tour 13

Beaucoup d’autres projets ayant comme outil le graffiti ont déjà eu lieu. Le street art n’a pas été autant exploité. Aujourd’hui, les publicitaires commencent à l’utiliser, mais comme c’est illégal, c’est plus difficile. Par exemple, ce n’est pas facile pour un publicitaire de demander à un graphiste : « fais-moi une campagne de communication en me mettant des pochoirs partout en ville. » Le graphiste n’a pas envie de sillonner la ville avec une bombe de peinture et un pochoir pour se faire arrêter car il est bien derrière son ordinateur ! Il y a des agences qui utilisent le street art, mais seulement en terme d’influence. Ça donne naissance à de nouvelles choses : ce que l’on fait nous, à l’agence Murmure : comme recouvrir des murs ou des lieux, avec du papier collé à la manière d’un street artiste, mais avec l’identité visuelle du lieu. C’est ce que devient le street marketing pour moi. Après, si s’approprier le graff, c’est faire des photos de taggs et les utiliser en trame de fond pour faire une affiche, c’est normal puisque c’est ce qui nous entoure au quotidien. Ce n’est pas très intéressant, mais c’est un processus naturel.
Par contre, je peux donner de bons exemples de street marketing : peindre un bus de telle sorte que l’on croie que c’est un avion parce que cette ligne va à l’aéroport. Ou alors c’est un magasin d’ameublement qui investit un arrêt de bus et le transforme en salon. Avec des affiches, un canapé et tout ce qu’on peut trouver normalement dans un salon. Les premiers publicitaires à s’être approprié le street art, ce sont les marques de sport. Parce que c’est un domaine où il est naturel d’avoir des connotations urbaines. Quand on vend des chaussures pour que les gens aillent courir dans la rue, c’est justifié : c’est le même univers.

18) Nike Woman utilise le street art pour faire de la publicité

Nike Woman utilise le street art pour faire de la publicité

– Est-ce que tu as d’autres projets en vue ?

Oui, j’en ai plein : alimenter mes trompe-l’œil, peut-être refaire le collage sur l’immeuble Technoline, et en juillet-août, faire plus de collages, mais sur Paris. Parce que ça fait cinq ou six ans que je colle sur Caen et j’ai l’impression d’avoir déjà collé partout ! Là, ça fait un moment que je dois aller sur Paris, je suis content de pouvoir enfin y aller. J’ai aussi envie de travailler sur de nouvelles thématiques, l’écologie par exemple.

Propos recueillis par Morgane Podeur

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