Quality Street art #3 – Outsiders Krew (2/2)

Le street-art fait partie de nos vies, il a envahi nos villes, mais aussi la publicité et les objets du quotidien. L’oiseau a décidé de faire le portrait des street-artistes qui décorent nos rues.
Cette fois-ci nous sommes allés à la rencontre des membres d’Outsiders Krew : Seb Toussaint et Spag. Ils ont entrepris un projet passionnant nommé “Share the word” : sillonner le monde équipés de peinture, d’appareils photos (et d’un short vert) pour rencontrer les populations des bidonvilles et leur donner la parole.
Voici la seconde partie de l’interview.

– Si vous deviez retenir qu’un seul pays ou une ville, ça serait lequel/laquelle et pourquoi ?

Spag : Oh, c’est dur !

Seb : Il y a certaines villes où l’on apprend plus que dans d’autres et moi, j’adore apprendre.

11) Bogota

Bogota

On adore quand ça nous fait évoluer. On a eu des villes où c’était très difficile, mais c’est là qu’on apprend le plus. Il y a eu des moments durs, tristes, voire flippants, où il se passait des choses vraiment compliquées. Ça nous a forcément fait mûrir.
A contrario, le plus fun et sympathique c’était Bogota, mais c’était très facile comparé au bidonville précédent.
Une ville qui a été importante pour nous et importante dans notre éducation, pas seulement artistiquement, mais dans nos vies en général. On n’avait jamais rencontré d’esclaves avant, il y avait ⅓ des personnes qui avaient le VIH, on ne s’était jamais fait de potes qui ensuite se sont fait tuer par une balle dans la tête.

12) Kenya 2

Kenya

Ce sont des choses très dures à vivre, mais qui te font grandir. On y a passé aussi de bons moments, mais il y avait toujours les deux qui se jouxtaient : tu passais un bon moment et juste après tu apprenais que ton pote s’était fait assassiner. Et ensuite, il se repasse un super bon moment. Nairobi a pour moi un petit truc spécial parce que je sais que ça nous a enrichi.

Et toi, qu’en penses-tu ?

Spag : On partage la même vision des choses. Le Caire nous a fait avancer également. Quand tu reviens d’une expérience comme celle-ci, quand tu rentres et que tu te remémores le mois passé, ça fait vraiment mûrir. Ça te fait relativiser sur beaucoup de choses.

Seb : Au Kenya, une fois on nous a dit : “les deux blancs, vous vous cassez du quartier” parce qu’il y a eu une rumeur sur nous qui disait qu’on était des agents du FBI. Il nous restait environ 10 jours à passer là-bas.

13) Caire Allah

Le Caire : « Allah »

En rentrant ce jour-là, on s’est dit : “qu’est-ce qu’on fait ? On y retourne ou pas ?” C’était un quartier avec énormément de violence, armes à feu, etc. Au final on a décidé de rester quand même, car il y avait suffisamment de personnes qui nous défendaient.

Mais c’est vrai que maintenant je me dis qu’on est beaucoup moins impressionnés par certaines choses comme les armes à feu, les violences de gangs, etc. Ce qui fait que dans un quartier difficile, on arrive plus à profiter, à se concentrer sur notre travail, plutôt qu’à être dispersés ou déconcentrés. On a pu l’être au Kenya  quand il y a eu des moments d’émotion intense…

14) Nairobi

Nairobi

Spag : On a constaté comment les gens arrivent à vivre une vie normale dans des lieux qui sont très difficiles, car l’être humain a une facilité d’adaptation. Nous, au début, on était choqués par des tas de trucs. Maintenant beaucoup moins. On arrive à faire abstraction.

Dans nos vidéos, on essaye de le montrer, par exemple sur celle à propos de l’Amérique du Sud où on commence par montrer des choses dures pour ensuite faire un focus sur tout le positif.

Sur la vidéo, tu vois bien que la Colombie, ce n’est pas juste de la drogue et Pablo Escobar, c’est beaucoup plus que ça. Et ça nous tient à cœur de montrer ça aux gens.

– Au Caire, beaucoup des mots que vous avez peints ont une connotation religieuse, avez-vous remarqué d’autres spécificités selon les pays ? Comment les expliquez-vous ?  

Seb : C’est vrai qu’à chaque fois, les mots nous apprennent beaucoup de choses sur le pays.

Au Caire, c’est vrai que beaucoup d’entre eux étaient religieux. C’est très bien expliqué dans la vidéo qu’on a faite sur ce bidonville : les gens se sentent très, très exclus. Plus exclus que dans les autres bidonvilles où nous sommes allés. Quand ils étaient à l’extérieur de leur quartier, les gens se moquaient d’eux. Par exemple, un jour on discutait avec des jeunes de ce bidonville dans un autre quartier, le patron du petit restaurant dans lequel on attendait d’être servi nous a dit de ne pas leur parler parce que c’était des “méchants” des “sales types des bidonvilles”.

15) Le caire Alhamdulillah ( = Thanks to God Grâce à Dieu)On lui a répondu qu’on les connaissait et qu’il n’y avait pas de problème. Cette violence se voit aussi sur leur corps, ils ont des grosses cicatrices, des brûlures sur les bras et leurs habits. Ils sentaient que les politiques, tout le monde était contre eux. En gros, il n’y avait qu’Allah qui était avec eux. C’était la seule chose qui leur permettait de se sentir accompagnés par quelqu’un. S’il y a encore une raison de s’accrocher à la vie, c’est grâce à Allah. Ce qui révèle un mal-être énorme.

En Indonésie, on a eu des mots exprimés en 6 langues différentes, ce qui reflète très bien l’Indonésie et notamment Jakarta : il y a 17 500 îles en Indonésie donc beaucoup de langues différentes. Les gens sont venus de différents coins de l’Indonésie pour venir travailler à la capitale Jakarta et se sont installés dans ce genre de quartier. Alors qu’en Colombie, on a eu que des mots en espagnol.

Spag : Au Népal, les gens avaient beaucoup de mal à nous donner des mots. Ils nous demandaient de choisir à leur place. Au final, ce sont les enfants qui ont choisi.

Seb : Après réflexion et après beaucoup de discussions avec une très bonne amie à nous Népalaise, on a repéré qu’en Asie, ils ont toujours beaucoup de mal à proposer quelque chose. Notre amie Népalaise nous l’a confirmé : dans l’éducation de ce pays, on ne demande jamais à quelqu’un de créer, de proposer. On demande toujours de recopier ou de restituer.

16) Népal

Népal

Les enfants des bidonvilles étaient les personnes les moins affectées par la culture parce qu’ils n’ont pas vécu longtemps dans cet environnement et qu’ils sont tous jeunes et  plus spontanés. Plus ils étaient jeunes, moins ils avaient de mal à nous donner des mots. En revanche, il y avait beaucoup de mots qui étaient par rapport à nous, pas par rapport à leur vie à eux.

Seb : En gros, pour nous accueillir ou nous souhaiter la bienvenue, ils avaient choisi les mots “welcome”, d’autres mots qui signifiaient “bonjour” ou “merci”. On n’a pas vraiment pu leur demander de créer ou de proposer.

Spag : Ils nous regardaient comme si on était des dieux ! Ils se sentent malheureusement inférieurs vis-à-vis de l’homme blanc. Ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais quoi qu’on dise ils étaient d’accord avec nous.

29) Indonésie Kali Malang

Indonésie ; Kali Malang

Les groupes ethniques et les castes sont liés, c’est très courant, en Inde aussi. C’est-à-dire que plus ils sont foncés de peau, plus ils appartiennent à des castes inférieures et ils sont hiérarchiquement inférieurs en société. Ce qui fait que, tout ce que dit quelqu’un de plus clair de peau, encore plus les occidentaux, a plus d’importance que ce qu’ils peuvent dire eux-mêmes. Ça ne le faisait pas avec tout le monde, mais de manière générale ça arrivait beaucoup plus en Asie qu’en Afrique où les gens ont un sentiment d’égalité. Si quelque chose ne leur plaît pas, ils vont le dire, quand on parle de politique, ils vont pouvoir critiquer comme nous.
C’était beaucoup plus dur d’avoir une conversation profonde aux Philippines qu’au Kenya. Là-bas, ils te disent ce qu’ils pensent que tu sois d’accord ou pas. Mais ce qui est bien, vu que l’on reste un mois, ce genre de choses à tendance à disparaître.

Au début, on est les deux blancs, au bout d’un moment on est Seb et Spag et ensuite on commence à connaître tout le monde. Encore plus dans des quartiers où les gens vivent beaucoup dehors, les gens sont toujours avec nous, la plupart des gamins, surtout ceux qui ne vont pas à l’école sont avec nous tout le temps. On commence à bien connaître les gens et les barrières ont tendance à s’effacer. En Colombie ou au Kenya, ce n’est pas du tout pareil, les gens avaient envie de parler, ils étaient vraiment enthousiastes.

– On a remarqué que vous essayez de faire participer au maximum la population et les enfants.

Seb : Déjà il y a pas mal de bidonvilles où les enfants ne vont pas à l’école, alors ils traînent avec nous pendant la journée, car ils n’ont pas grand-chose d’autre à faire. Souvent ils souhaitent s’impliquer.

17) Présence des enfants

Présence de nombreux enfants pendant les graffs

Il y en a qui nous observent pendant quelques jours, ensuite ils se rapprochent un peu plus, ils demandent s’ils peuvent aider et on leur donne des choses à peindre. Il y a des bidonvilles extrêmement peuplés avec beaucoup d’enfants par famille, il m’est arrivé de peindre et de me retrouver avec une centaine de personnes derrière moi qui regardent ce que je fais. C’était le chaos ! Il faudrait des personnes pour encadrer car ça devient un vrai bazar ! Mais parfois en Colombie et au Népal on a des jeunes qui sont restés avec nous pendant des semaines, ils sont devenus nos apprentis, on a vraiment pu compter sur eux.

18) Mur de l'école de Mukuru avec les écoliers

Travail sur le mur de l’école de Mukuru avec les écoliers

Ils s’impliquaient, ils observaient bien, ils étaient motivés. Il y a une sorte de relation élève maître qui s’instaure. Au Népal, on en a rencontré un qui était vraiment bon, il nous a fait des dessins après. Quand il y a une école dans le bidonville qui veut participer, on essaye toujours d’organiser quelque chose.

[N.D.L.R. Spag nous laisse, car il doit aller à un rendez-vous, la suite de l’entretien se passera donc avec Seb.]

-Est-ce que tu sais ce que sont devenus les mots que vous avez peints ?

Seb : Oui, la plupart tiennent tous. En Indonésie, ils ont déjà tenu 2 saisons des pluies où le quartier est inondé à chaque fois jusqu’ à 1m20. Par contre une grosse peinture faite sur l’entrée d’un temple hindou s’est effondrée dans les tremblements de terre.

19) Temple Hindou au Népal

Temple Hindou au Népal

J’ai régulièrement des nouvelles et parfois des photos.
De toute façon, le graff est une forme d’art éphémère, il y a toujours des choses qui vont bouger dans l’espace urbain. Alors en plus, si ce sont des tôles ondulées qui peuvent plus ou moins rouiller, il faut les remplacer. C‘est aussi leur quartier, ils font ce qu’ils veulent avec : ils peuvent repeindre par-dessus. Ça peut leur donner des idées, on a vu des gens peindre avec d’autres couleurs. En Égypte, ils ont fait comme nous : ils ont choisi un mot et l’ont peint sur leur maison. Ce qui est bien c’est que ça amène du street-art dans des quartiers où il n’y en a pas ou très très peu.

– Vous revenez de Calais, quelles sont vos impressions alors qu’on apprend aujourd’hui que la jungle est en train d’être démantelée ?

Seb : C’est compliqué Calais, car la plupart des solutions qu’on aurait pu mettre en place auraient dû l’être beaucoup plus tôt. Ils ont déjà retiré une partie à l’ouest de la jungle une espèce de longue bande, il y a un mois et demi et là ils suppriment une autre partie. Je ne vois pas l’intérêt, si ce n’est de supprimer carrément la jungle, car ça pose des problèmes avec les habitants de Calais. Mais cela dit, ils n’ont pas de solution, c’est horrible pour les gens qui y vivent. Je ne sais pas où vont aller ces gens-là, ni ce qu’ils vont devenir. Nous, ce qui nous a intéressé là-bas, c’est que tous les journaux et les politiques en parlent au niveau des problèmes que ça peut poser avec l’immigration, etc.  Mais que personne ne va voir qui vit là-bas. Quelle est leur histoire, quels mots ils ont envie d’exprimer et mettre ça en lumière.

Ce n’est vraiment pas notre rôle de participer au débat : est-ce qu’il faut accueillir les immigrés ou pas ?

21) Jungle de Calais

Jungle de Calais

Ça nous a beaucoup changés du public habituel que l’on peut rencontrer. Ce sont des gens éduqués. Il y a 7 nationalités de représentées, la partie moyen-orientale, on retrouve des maîtres de conférences, des docteurs, des ingénieurs, des écrivains, des gens qui ont un niveau d’éducation bien supérieur à ce que l’on peut rencontrer dans les bidonvilles. Il faut pouvoir payer les passeurs donc en général ce ne sont pas des pauvres qui vivent dans la jungle. Malheureusement, ils n’ont pas l’habitude de vivre dans des conditions comme ça, encore moins dans le froid. Ce qui est très dur, car il y a besoin de chauffage, et qu’il n’y en a pas là-bas.

20) Calais

Calais

Ce qu’il y avait d’intéressant, c’est qu’il y avait des cultures de pays différents. Ce qui différait beaucoup des bidonvilles, c’était la grosse présence d’O.N.G. Les gens sont supposés être en transit, il n’y a personne qui est né là ou qui a grandi là-bas. Le phénomène de leader est beaucoup moins présent, ce qui n’empêche pas l’endroit d’être très calme.

Là-bas, l’espoir est très présent, les gens ont un but, ce sont des battants, des guerriers.

 

– Vous avez pris beaucoup de photos et tourné de vidéos sur place, que comptez-vous en faire ?

Plus tard, on fera peut-être un livre, mais comme nous sommes jeunes et au tout début du projet, on va prendre le temps de faire ça bien.

Seb : On a eu une demande d’expo collective à Istanbul, on y a fait de l’art vidéo. [NDLR : une bande vidéo qui dure 3 min, constituée d’une suite d’images avec un rapport logique entre elles et qui tourne en boucle]
Le fait qu’on ait pris plein d’images partout va forcément nous servir plus tard. Surtout qu’on a pris des images dans des bidonvilles où plus aucun journaliste ne va, par peur de se faire voler ou par manque d’intérêt. Nos images sont rares parce qu’on est vraiment à l’intérieur même, du bidonville, à l’intérieur des habitations.
On fera peut-être un film ou un documentaire, mais chaque chose en son temps.

– Nous avons déjà parlé de votre projet lors d’un article précédent sur la presqu’île de Caen à propos des camions des prostituées qui travaillent là-bas. Comment ça s’est passé ?

Seb : C’était difficile, car les prostituées n’aiment pas être filmées. On a peint quelques camions. On avait prévu d’en peindre d’autres, mais il y a eu un coup de filet de la police et il y en a beaucoup qui sont parties. Nous sommes retournés les voir après cet évènement. Ce qu’il faut savoir c’est que les camions des Nigérianes, on ne peut pas les peindre car ils appartiennent à des réseaux. Le camion n’est pas vraiment à elles. Par contre, les Camerounaises acceptent.

22) Prostituées

Camion de prostituées

Mais il y en a beaucoup moins, ce qui nous inquiète un peu : ça veut dire qu’il y a sûrement de la prostitution à domicile, beaucoup d’entre elles nous en ont parlé. Elles craignent cette pratique parce que les clients viennent à leur domicile donc savent où elles habitent et peuvent venir quand ils veulent.

Cette forte diminution du nombre de camions veut dire qu’il doit y avoir d’autres formes de prostitution qui pourraient mettre ces femmes en danger.

C’était sympa d’aller les voir, car ce sont des personnes avec qui nous n’avons aucune communication alors que finalement nous vivons dans la même ville.

– Quels sont les street artistes qui vous plaisent en ce moment ?

Seb : J’aime bien Felipe Pantone, Roid, Os Gemeos, Finok, El Seed, Broken  Fingaz, Ben Eine.

– Et les artistes en général ?

Seb : M.C Escher, Vazarelly, Cleon Peterson.

– Depuis que tu fais ce projet, est-ce que tu t’es intéressé au lettrage ?

Seb : Oui, j’ai toujours été à fond dans les lettrages ! J’aime bien les scripts de différents pays, par exemple, je connais 3 mots en serbe et l’alphabet cyrillique serbe. J’arrive aussi à écrire à peu près en coréen parce que c’est phonétique. En arabe aussi. Je suis passionné par les scripts, les possibilités que l’on a de jouer avec. Et ça depuis toujours. Ma grande tante était institutrice et elle écrivait dans une écriture géniale, avec des très beaux pleins et déliés. Dans le graffiti plus moderne qui est né dans les années 60 à New York, c’était beaucoup d’écritures à la main. J’aime bien les façons infiniment différentes d’écrire les mêmes 26 caractères. J’apprécie les lettres chinoises, quand nous sommes allés en Chine, j’ai fait une collaboration avec un artiste chinois. C’était génial ! J’aime l’équilibre qu’il y a dans les caractères chinois. Toujours dans cette espèce de moule carré, à l’intérieur il peut y avoir 2 traits comme 14 ou 15 ! Il y a un bon équilibre, un flow qui me plaisent. Pour ce projet-là, j’ai dû faire des sketchs et les montrer pour ne pas déformer les lettres et le sens.

– Tu connais d’autres projets qui, comme vous, allient art et social ?

Seb : Oui, tu as J.R,  qui va aussi dans les bidonvilles. Il y a des artistes qui s’occupent des quartiers en reconversion aux États-Unis, il y a plein de choses qui ont été faites à Détroit. Je pense aussi à un photographe français dont le projet s’appelle Beijing Silvermine, il récupère des négatifs de photos prises par des Chinois qui ont été balancés, il scanne les négatifs, ressort les photos. En gros, il met en commun les photos qui ont été prises au même endroit, mais à des moments différents. Il les passe très vite, le résultat c’est une sorte de vidéo qui fait office de travail d’archive et en même temps d’œuvre d’art. Grâce à son travail, on voit la vie des classes moyennes et populaires chinoises, qui ont profité de leurs congés. Ça n’a pas un côté humanitaire, mais plutôt social. Ça dit beaucoup de choses sur la société chinoise de telle ou telle époque. Ça nous permet d’avoir du recul grâce à des photos au départ banales.

– Quels sont vos projets ?
23) Share the word
Seb : On va continuer sur Share the word , on va aller dans d’autres lieux, faire évoluer la chose.

On souhaite juste continuer à être les porte-parole des bidonvilles, car les gens sont tellement gentils avec nous. On a vécu beaucoup de bons moments avec eux, nous nous sommes enrichis et nous voudrions leur rendre la pareille, essayer de faire qu’ils soient moins cloisonnés.

Seb : Ça leur fait extrêmement plaisir de savoir qu’il y a des gens de l’extérieur qui vont les voir, qui vont entendre parler d’eux.

– Vous n’habitez pas dans un bidonville, mais si quelqu’un venait chez vous et vous proposait le même projet que vous, mais sur votre propre habitation, quel mot choisiriez-vous ?

24) Unity ManilaSeb : J’aime bien le mot Unity. Ça a un rapport avec ce que je vis avec ce projet, c’est quelque chose qu’on ressent beaucoup dans les bidonvilles et que j’aime bien.
C’est un message important à faire passer. En anglais, parce que c’est ma langue maternelle. J’aime comment ce mot sonne et qu’il se termine par un “Y”au niveau purement esthétique je trouve ça joli.

24) PEACE

Peace

Spag : Je vais choisir le mot Peace parce que c’est un mot qu’on a déjà peint dans plusieurs lieux et qui a l’air de mettre tout le monde d’accord. C’est quelque chose qui me ferait plaisir d’avoir sur ma maison et je pense qui c’est un mot qui ferait également plaisir aux passants. Et accessoirement, je ne suis pas fan de la guerre !
(Spag nous a donné la réponse à cette question ultérieurement.)

 

 

++ Vous pourrez retrouver à la page 18 du magazine (#18) version papier, une photo d’un de leur séjour, au bidonville de Mukuru à Nairobi.

 

Site internet Outsiders Krew : https://outsiderskrew.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/outsiderskrew/?fref=ts

Pour soutenir le projet : http://www.lilo.org/fr/projet-share-the-word/

 

Propos recueillis par Morgane Podeur
Photos : Outsiders Krew