Quality Street art #3 – Outsiders Krew (1/2)

Le street-art fait partie de nos vies, il a envahi nos villes, mais aussi la publicité et les objets du quotidien. L’oiseau a décidé de faire le portrait des street-artistes qui décorent nos rues.
Cette fois-ci nous sommes allés à la rencontre des membres d’Outsiders Krew : Seb Toussaint et Spag. Ils ont entrepris un projet passionnant nommé “Share the word” : sillonner le monde équipés de peinture, d’appareils photos (et d’un short vert) pour rencontrer les populations des bidonvilles et leur donner la parole.
Cet interview est divisé en deux partie, voici la première.

 

– Comment avez-vous découvert le street-art ?

1) Seb graff

Seb, graffeur

Seb Toussaint : Sur les murs de la ville, que ce soit ici ou ailleurs, dans les pays où on a pu voyager quand on était petits.Comme nous sommes observateurs, on voit ce qui se passe sur ces murs.

Spag : Les fresques ou le graff nous ont toujours intéressés.

Seb : Nous sommes nés dans les années 87-88 et le graffiti avait déjà émergé partout, même à Caen. Donc ça a toujours fait partie de notre environnement.

– Vous êtes deux, quel est le rôle de chacun ?

Spag : On peint tous les deux, mais c’est vrai que moi, je suis plutôt photographe et Seb graffeur.

2) Spag phtographe

Spag, photographe

Seb : Quelquefois les “lignes se brouillent” : on fait de la peinture, de la photo et de la vidéo. Mais il y a forcément des fois où c’est moi qui tiens la caméra et il arrive très souvent que Spag peigne aussi.

– Lors de nos recherches, nous avons vu que vous faisiez partie du Malherbe Normandy Kop, qu’est ce que c’est ?

Seb : C’est un groupe de supporters du stade Malherbe de Caen né en 96 qui a pour but d’apporter un soutien visuel et vocal au club de foot. Il se situe sur la lignée de la mouvance “Ultra” avec un certain nombre de codes : c’est très organisé avec des banderoles devant, on fait des animations visuelles etc… Comme beaucoup de groupes à tendance ultra, nous sommes très créatifs. Nous sommes indépendants du club et faisons donc nos propres animations dans le stade comme des mosaïques de feuilles de différentes couleurs qui forment un visuel sur la tribune, ça peut aussi être des grands drapeaux ou des grandes bâches plastiques. Il y a aussi beaucoup de photographie car on publie des petits magazines qui montrent un peu les différentes animations. C’est toute une culture, il y en a dans toutes les villes qui ont un club professionnel.
Malheureusement, les médias préfèrent parler de violence pour qualifier cette mouvance mais ça reste minoritaire. On fréquentait la tribune Luc Borrelli du stade Michel D’Ornano depuis longtemps. Les anciens de cette tribune-là ont reconnu nos petits talents de peintres et photographes et nous ont proposé de prendre des photos pendant le match, de proposer des animations, de dessiner des modèles d’écharpe, de T-shirt etc… Ça a été notre école car nous ne sommes pas passés par des écoles d’art ou de photographie.

3) Malherbe Normandy kop

Malherbe Normandy kop

Le fait de tracer des grandes lettres, de faire des designs des designs de très grande taille, c’est ce qui nous a sûrement poussés à ce qu’on fait aujourd’hui.

On a toujours aimé prendre des photos et peindre. Des supporters ont apprécié notre travail et comptaient sur nous pour utiliser nos talents. On a commencé à s’investir artistiquement pour d’autres personnes à ce moment-là.

– Chez l’Oiseau nous vous connaissons surtout pour votre projet “Share the word”, pourriez-vous nous l’expliquer et nous raconter comment l’idée vous est venue ?

Seb :  “Share the word” consiste à raconter la vie de bidonvilles en faisant parler les habitants. L’idée est simple : on demande aux gens de nous donner un mot que l’on peint ensuite sur leur maison. On a testé une première fois en Indonésie, ça a bien fonctionné. Les gens ont trouvé ça cool et nous ont donné des mots, même si on ne parlait pas la même langue. Alors, on s’est dit qu’il fallait continuer, qu’il fallait aller dans d’autres endroits. C’est intéressant, parfois on a des mots qui se ressemblent beaucoup d’un pays à l’autre. Parfois c’est des mots différents, liés à la culture et la religion locale. Pour l’instant on est allés dans 7 pays différents et la jungle de Calais ce qui fait très peu par rapport aux cultures qui peuvent exister dans le monde. Nous avons à cœur d’aller dans de nombreux autres pays pour mettre en lumière ces quartiers-là. On aime bien aller au bout des choses. Dernièrement on a eu la chance de peindre dans un endroit très grand, le stade de foot, ça on ne l’avait jamais fait.

27) Indonésie

Indonésie

Spag : On a vraiment l’impression que nous ne sommes qu’au commencement, on a gratté un peu mais on se dit qu’il y a beaucoup plus à faire. Plus on le fait, plus on a d’histoires intéressantes à raconter. Ça serait dommage de s’arrêter là en tout cas.

-Vous avez beaucoup voyagé avant?

Spag : Oui, pas mal.

Seb : On a commencé à voyager en vélo quand on était encore au lycée. On faisait de petits voyages à vélo et puis en 2011-2012 on a fait un tour du monde en vélo. Nous deux plus un autre ami. On est partis de Caen et nous y sommes revenus un an plus tard.  C’est suite à ce périple qu’on a décidé de faire le projet que nous menons actuellement. Ça nous a beaucoup fait réfléchir et on a eu l’occasion d’exercer nos différentes formes d’art dans des lieux très différents.

Quelle est votre technique et quels outils utilisez-vous ?

4) Matériel de captation

Matériel de captation

Spag : Pour la prise d’images : on utilise un appareil photo type Reflex, avec différents objectifs, quelques trépieds et un Steady cam qui permet d’utiliser l’appareil quand il est en mouvement.

Un polaroïd, des appareils photos argentiques et un petit appareil également argentique qu’on prête à des enfants qu’on rencontre. Ils font des photos de ce qu’ils veulent, on développe les photos et on leur offre. On, en garde un exemplaire pour l’afficher dans les expos que l’on fait.

On utilise aussi un tout petit appareil numérique classique quand dans certaines situations je ne peux pas apporter de gros appareils, ou lorsque je dois être plus discret, pour que les gens soient moins impressionnés.

Ça représente une petite valisette avec pas mal de matos dedans, mais c’est léger par rapport à d’autres photographes.On n’a pas de gros flashs et de réflecteurs de lumière par exemple.

5) Achat des peintures sur place en Ethiopie

Achat des peintures sur place en Ethiopie

Seb : Pour la peinture : on utilise ce que l’on trouve dans les différents pays. En général de la peinture acrylique : on l’étale avec des rouleaux ou des pinceaux dans la plupart des pays. Quand on a la chance d’aller dans des pays où l’on trouve des bombes de peinture de qualité suffisante pour faire des œuvres murales, c’est ce que l’on utilise. Pour l’instant ce n’est arrivé qu’en Colombie et aux Philippines.

– Comment définiriez-vous votre style ?

Seb : Les mêmes adjectifs peuvent définir notre travail photo et graphique. On essaye de faire le plus lisible possible pour que les personnes dans les bidonvilles puissent le lire mais aussi les personnes dans les expos. C’est très coloré, très spontané, il y a très peu des choses montées à l’avance. Les photos sont très candides, les graffs ne sont jamais faits avec un sketch avant [NDLR: le sketch est un croquis préparatoire.]. On laisse le lieu, le moment et les gens que l’on rencontre inspirer l’œuvre qu’on est en train de faire. Ça reste fidèle à la réalité du lieu et non à ce qu’on avait pu imaginer avant. C’est en partie dû au fait que l’on ne sait pas quel mot vont choisir les gens. On essaye toujours de faire dans le positif, on ne souhaite surtout pas donner une image misérable des bidonvilles.

Spag : Oui, on préfère vraiment montrer le côté positif qu’ ont ces lieux et leurs habitants, mettre en valeur tout ce qu’ il se passe de bien et d’intéressant.

Seb : Il faut parler aussi de ce qui est moins positif, ça permet de restituer le contexte. Mais il ne faut pas appuyer dessus, parce qu’il y en a plein d’autres qui le font à notre place et au final je ne sais pas si ça sert à grand-chose. Nos séjours là-bas sont constitués d’une succession de moments durs et de bons moments joyeux et généreux mais on a vraiment l’impression que les bons moments surpassent les mauvais. On se fait plus accueillir chez les gens qu’agresser, donc c’est vraiment ça que l’on veut mettre en avant. Attention, ce n’est pas pour autant que ce qui se passe là-bas est tout rose.

– Comment procédez-vous pour les films que l’on peut voir sur votre site ?

6) LOVE Kenya

LOVE, Kenya

Seb : Les films, on les monte à deux. C’est surtout Spag qui filme mais le montage se fait ensemble, donc forcément, ce que l’on choisit de montrer fait suite à une réflexion commune . On sait ce que l’on veut montrer, on sait où on veut aller. Il y a de nombreuses images que l’on choisit de ne pas montrer car beaucoup de médias les auraient diffusées pour faire sensation. Ce n’est vraiment pas notre but.

Spag : On fait aussi ressortir ce que les gens nous donnent car c’est ça la base du projet. La plupart du temps les gens nous donnent des mots positifs. Quand une personne nous donne le mot “Love”, l’œuvre sur le mur sera positive, mais ensuite, ce que nous allons expliquer avec les images sera influencé par ça. On n’a jamais eu quelqu’un qui voulait exprimer quelque chose d’hyper négatif.

– On a été surpris par le moment où un chef de clan vous demande de mettre son nom sur un mur !

7) bogota

Bogota

Seb : Nous aussi ! On a pourtant essayé de lui expliquer que ce n’était pas l’objet de notre projet et puis au final on l’a laissé décider. Ensuite il s’est passé ce qu’il s’est passé [NDLR : le nom du chef de clan a rapidement été effacé par des habitants du bidonville]. On était contents ! C’est la première fois que l’on a vu ça. Ce genre de chose reflète aussi une règle dans les bidonvilles : un bidonville peut-être beaucoup plus “agréable” à vivre que d’autres, ça ne dépend pas de la richesse par habitant, mais en grosse partie des leaders. Si les leaders sont bons, ça change tout. S’ils sont respectés, écoutés et légitimes aux yeux des habitants le climat est tout de suite meilleur. Là, c’était vraiment l’exemple d’un leader qui était nul, le quartier était particulièrement violent. En même temps, ce n’est pas totalement la faute du leader du quartier, mais aussi celle des dirigeants de la ville et du pays qui ne s’occupent pas du tout de ces gens-là qui se sentent délaissés. C’est une chose que nous avons vraiment sentie. Au contraire avec des villes comme Bogota, quartier qui avait de gros problèmes, le leader était vraiment sympa : il nous a protégés, il nous a respectés et on a passé de bons moments là-bas.

– Est-ce que vous réussissez à vous renouveler car vous avez peint beaucoup de mots quand-même !

25) Différents alphabets L' Abyssinie écrit en amharique

Différents alphabets, L’ Abyssinie écrit en amharique

Seb : En tout il y en a eu une centaine de fresques faites en deux ans et demi sur 8 destinations différentes. Les mots qui reviennent le plus, ont dû revenir 6 fois maximum. Il y a beaucoup de diversité : les alphabets sont différents. On a rencontré l’alphabet arabe, latin, sanskrit et d’autres …

Spag : Quelquefois, en faisant un motif on découvre un truc, on se dit que ça pourrait être pas mal d’essayer autre chose. On peut dire qu’une fresque nous emmène à une autre. Quelquefois on fait des choses qui pourraient se ressembler, mais au final il y a quelque chose qui diffère. C’est pareil en photo, plus on en fait plus on maîtrise certaines choses, plus ça nous donne des idées pour faire différents motifs, différentes combinaisons.

8) bogota 2

Bogota

Seb : Ce qui change aussi c’est l’environnement autour, le support sur lequel on peint. Donc on doit s’adapter, on ne fait pas forcément ce que l’on avait prévu au début. L’environnement est différent : il y a des murs qui vont se voir de très loin, d’autres non. Quand on veut que le mot se voie de loin on fait des lettres énormes, très carrées alors que dans un endroit où on a moins de recul, c’est mieux de faire des détails qui se voient de près. À chaque mur une histoire différente, c’est génial ! Les habitants nous apportent des choses aussi. On est très inspirés par tout ce qui se passe autour de nous, par la vie en général : par exemple les vêtements qu’avaient les Massaïs au Kenya qui s’habillaient de manière traditionnelle avec énormément de rouge et de bleu, ça se sent dans les peintures qu’on a faites où ces couleurs reviennent. Pareil pour Bogota, où ce n’est pas un hasard si on a utilisé des couleurs très vives !

Ça ne fait que 2 ans et demi que l’on fait ce projet, on en est qu’au tout début d’une carrière artistique, on est encore très novices et on a des tas de choses à apprendre.

9) des jeunes artistes népalais sont venus dans le bidonville de Bainsighat

Des jeunes artistes népalais sont venus dans le bidonville de Bainsighat

Spag : Un des aspects du projet est qu’on va dans des quartiers très marginalisés. Alors, dès qu’on a l’opportunité de faire venir des gens , on le fait. Quand on était au Népal, on a été accueillis par une personne qui connaissait beaucoup de jeunes artistes, on les a donc rencontrés plusieurs fois pendant notre séjour et on leur a dit “ venez peindre avec nous un de ces jours, c’est l’occasion !” Nous, ça nous faisait plaisir qu’il y ai d’autres personnes qui viennent dans ce quartier-là, qui discutent avec les gens, qui les rencontrent, et pourquoi pas qu’ils reviennent après notre départ. Mettre de la peinture sur les murs, c’est hyper plaisant pour tout le monde, pour les artistes, mais aussi pour les habitants et les passants qui peuvent admirer ce travail. Quand on peut on essaye de dire aux gens que l’on connaît de venir voir ce que ça donne. Même dans d’autres villes, on a fait venir des gens d’autres endroits de la ville qui n’avaient jamais mis les pieds dans le quartier, alors qu’ils habitaient à 5 minutes.

– Grâce à ce projet, vous vous êtes rendus dans 7 bidonvilles de pays étrangers et récemment dans la “jungle” de Calais. Comment choisissez-vous chaque destination ?

Spag : Il y a une chose très importante pour nous : c’est d’y être au bon moment au niveau climatique. On s’assure qu’il fasse un climat sec, pour une question pratique : s’il pleut, on ne peut pas peindre sur un mur mouillé.

Seb : Le principal critère c’est ça, après c’est fait “à l’arrache” : ça dépend des contacts que l’on peut avoir et on essaye de varier les continents.

Spag : En fonction des billets d’avion et des promotions. On avait la même préoccupation pour le climat lors de notre tour du monde en vélo. Puisqu’on part un mois à chaque fois, on veut qu’il y ait un impact local, on veut peindre le plus possible. Si sur le mois il y a 10 jours de pluie, ce sont 10 jours où nous ne pouvons rien faire.

– Qu’avez-vous appris en côtoyant toutes ces cultures différentes ?

Seb : On a appris des choses purement techniques, mais aussi des choses plus générales. On a beaucoup appris sur nous-même et sur ces lieux-là. On a aussi vérifié des choses dont on nous avait parlé avant, par exemple que les villes de bord de mer sont beaucoup plus accueillantes que les villes de l’intérieur des terres. Pour les choses très concrètes, il y a beaucoup de femmes leader de bidonville. C’est très courant, quasiment autant que les hommes. Ce sont les gens charismatiques qui prennent soin des gens qui deviennent leader. Naïvement, je pensais en commençant l’expérience que les bidonvilles étaient obligatoirement dirigés par les hommes et en fait pas du tout. Dans ces zones où il y a très peu d’éducation, il y a plus d’égalité que dans les très hautes sphères, c’est vraiment surprenant. Sur un côté moins terre-à-terre, désormais je sais ce que veut dire l’espoir, je pensais le savoir avant. Tu peux facilement catégoriser les gens dans les bidonvilles, ceux qui ont de l’espoir et ceux qui n’en ont pas. Je croyais bêtement savoir ce que c’était et dans les bidonvilles on en a eu la véritable illustration. Les gens qui ont vraiment l’espoir, ça change tout. Nous sommes allés dans un bidonville où presque personne n’en avait : ça met une ambiance horrible. On s’en est rendu compte au bout de quelques jours, c’est une horreur. Alors que les bidonvilles où il y a plus de violence, plus de sida, moins d’espérance de vie, sont limite plus agréable. Car il y a des personnes qui tirent les autres vers le haut et qui pensent que quelque chose de bien peut leur arriver, que ça vaut le coup de se battre. D’autres ont abandonné la vie, ils sont là, mais en réalité ils ne le sont pas. Ceux qui ont de l’espoir créent une ambiance plutôt bonne et positive. Sinon, on a appris comment fonctionnent les bidonvilles d’Asie, d’Afrique, d’Amérique : il y a des schémas différents qui reviennent toujours dans ces trois catégories.

28) Colombie

Colombie

Spag : On a aussi appris qu’il ne fallait surtout pas se fier aux clichés que l’on peut avoir sur certains pays. On a conçu des tactiques pour pouvoir se faire accepter et travailler avec cette population.

– En général, comment êtes-vous accueillis par les locaux ?

Spag : On est toujours très bien accueillis. Les gens apprécient notre démarche artistique, d’autant plus parce qu’elle est rare et qu’ils n’ont pas l’habitude de voir des gens qui viennent dans leur quartier pour faire de l’art. Au tout début quand on arrive, les gens nous accueillent bien, une fois que tout le monde a compris ce que l’on voulait faire on est encore mieux accueillis. Les gens essayent de nous faciliter les choses, ils nous aident à trouver du matériel pour peindre par exemple. Ils font en sorte que tout se passe bien pour nous, ils nous protègent et nous conseillent.

10) Accueil chaleureux des habitants Népal

Accueil chaleureux des habitants Népal

Seb : Quand c’est une langue qu’on ne connaît pas du tout, les enfants nous apprennent les mots de base pour qu’on puisse se débrouiller. Si le projet est réussi c’est certes parce qu’on y met de l’énergie, mais aussi parce que les gens nous aident énormément sur place. Ils apprécient beaucoup  qu’on vienne dans leur quartier alors que les gens de leur ville ne daignent même pas venir les voir. Le fait aussi qu’on décore leur habitat qui est très délabré, qu’on apporte de la couleur, tout le monde trouve ça cool.

Spag : Au fur et à mesure que le temps avance, on a vraiment l’impression de faire partie de la vie du quartier, de faire partie des meubles. Et ça c’est grâce aux gens qui nous accueillent car ils nous mettent dans des conditions où nous on est à l’aise.

(Suite et fin dans la partie 2)

++ Vous pouvez retrouver à la page 18 du magazine (#18) version papier une photo d’un de leur séjour, au bidonville de Mukuru à Nairobi.


Site internet Outsiders Krew :
https://outsiderskrew.com/
Page Facebook : https://www.facebook.com/outsiderskrew/?fref=ts
Pour soutenir le projet : http://www.lilo.org/fr/projet-share-the-word/

Propos recueuillis par Morgane Podeur
Photos : Outsiders Krew