Festival Beauregard 2017, nos temps forts.

Avec 65000 spectateurs sur les 3 jours, le festival Beauregard a attiré un peu moins de monde que prévu, mais cette neuvième édition n’en reste pas moins une grande réussite. Malgré les quelques doutes qui pouvaient planer sur la programmation, nous avons encore une fois eu la chance d’assister à de grands concerts.

 

Metronomy

J1 : Pour ce vendredi, nous retenons les concerts de Metronomy et de Midnight Oil. L’élégance des premiers, la bande de Britanniques de Joseph Mount, tout de blanc vêtus, a su nous emmener avec ses rythmes imparables et ses basses d’une efficacité redoutables, ornés de claviers vintage diaboliques.
Quant aux vieux briscards australiens du rock des années 90, Midnight Oil, le risque de ringardise a été amplement dépassé et leur concert tout en énergie et en classe, grâce aussi au charisme du chanteur, avec ses mouvements nerveux, et à la perfection du chant et des chœurs, a franchement suscité l’adhésion. Le tube « Beds Are Burning » a fédéré tous les festivaliers rassemblés devant la scène John.
Les Français de Her et Benjamin Biolay, plus tôt dans la journée, ont eux aussi livré de beaux sets.

 

Iggy Pop

J2 : Le samedi, soir de grande affluence, Iggy Pop a une nouvelle fois démontré qu’il pouvait assurer une heure et quart de show sans relâche, comme depuis une quarantaine d’années, à base de grands standards comme « The Passenger », de guitares à fond et de chant crié, de sauts de cabri et de descentes de scène pour aller au contact du public.
Belle première fois aussi avec les compositions jazzy de Ibrahim Maalouf, qui a su populariser un style parfois perçu comme élitiste. Ce soir-là, il annonçait pourtant son intention de passer à autre chose à son quarantième anniversaire, soit dans quatre ans.
Enfin, Phoenix a complété en grande pompe le tiercé avec un concert impressionnant de maîtrise, des enchaînements parfaits entre tubes rock des albums précédents et morceaux plus électro-pop du dernier album, Ti Amo, même si l’on peut regretter que la voix de Thomas Mars ait été noyée dans le mix. Mention spéciale à la scénographie, avec un sol fait d’écrans diffusant en continu des motifs psychédéliques et un immense miroir suspendu au-dessus de la scène, pour un effet visuel original et captivant.

Phoenix

J3 : Pour ce dimanche, meilleure journée du festival, Tinariwen a joué avec beaucoup de talent et d’humilité son magnifique blues touareg fort d’harmonies vocales, remportant un franc succès auprès du public. Venus du Mali, les musiciens du désert s’amusaient régulièrement de la chaleur normande.
House of Pain, mené par le rappeur US Everlast, barbe, casquette, tatouages et rasades de whisky entre chaque morceau, a envoyé en force son hip-hop old school, non sans avoir agrémenté le set d’une reprise de Johnny Cash à la guitare acoustique, avant de terminer avec l’énorme classique « Jump Around » (1992), qui a rassemblé et fait sauter toutes les générations.
Foals a livré un concert tout en tension, reposant beaucoup sur le charisme et la vitalité de son leader Philippakis. Les Anglais ont enchaîné les morceaux rock de leur dernier album en date, What Went Down, peut-être le plus réussi de leur carrière, mais n’ont pas épargné les fans de la première heure avec des morceaux plus langoureux comme « Spanish Sahara ».
Die Antwoord a clôturé le festival en beauté, avec un show électrique, intrépide et déjanté. La folie furieuse de Yolandi et de Ninja, mise au service de compositions fusionnant hip-hop et transe, aux basses surgonflées, tenues par une scénographie grandiose en étages, a donné un spectacle époustouflant. Les deux possédés ont enchaîné les morceaux à un rythme effréné et avec une insolence décomplexée, à grand renfort de vidéos d’esthétique « ZEF » (argot sud-africain, d’où sont originaires les deux artistes), sorte de beauferie sublimée, et d’explosions de confettis. L’heure de concert a plongé les festivaliers dans un état situé entre l’extase et l’hébétement.

Gildas Lemardelé.
Crédits photos : Page Facebook de John Beauregard.