Fakear, pas si Sauvage

Malgré un titre d’EP qui pourrait annoncer une brutalité « sauvage », Fakear reste égal à lui-même, toujours accompagné de son électro langoureux.

Tout va vite pour notre Caennais aux doigts d’argent. Après deux EP sortis l’année passée « Morning in Japan » et « Dark Lands » [Nowadays Records] salués par le public et la critique – Fakear a en partie laissé tomber les sons venus d’Asie pour ce nouvel opus. Le vagabond des matières semble avoir posé ses bagages au moyen-orient, mais pas seulement. En effet, à l’écoute des 7 titres qui composent « Sauvage », nous sommes surpris par la mixité des sons travaillés, et plus particulièrement des endroits auxquels ils renvoient. Ainsi le titre d’ouverture « La Lune Rousse » se transforme en un fabuleux morceau hypnotique, aux allures pop, structuré comme tel, avec ses couplets et ses refrains suivi d’un solo de ce qui semble être un ûd (instrument traditionnel arabe). Le clip, réalisé par les étudiants en photographie de Gobelins, est tout aussi plaisant en renforçant la douceur de la musique par ses couleurs et sa fluidité.

« Two Arms Around You » élu meilleur titre par nous-même !

Fakear ne s’était jamais essayé au featuring – exercice dangereux, néanmoins intéressant qui permet d’explorer de nouveaux horizons sans s’y tremper complètement. C’est désormais chose faite avec le titre « Two Arms Around You » accompagné de O’Kobbo, une jeune artiste parisienne. Regorgeant de sensibilité, nous faisons face à un titre lumineux et accrocheur que mademoiselle O’Kobbo tamise de sa voix suave, tout en retrouvant l’essence même de Fakear. On dit souvent « qui se ressemble s’assemble » – ce dicton ne s’illustrera jamais mieux qu’avec ce morceau ; seuls les instruments changent, l’un a ses machines et l’autre a sa voix, comme deux entités ordinaires qui s’imbriquent pour exploser au sommet pendant 3 minutes 45. Alors, on en redemande et on regrette juste que l’expérience ne soit pas prolongée. En guise de consolation, on décide d’aller jeter un œil sur le projet de O’Kobbo qui est tout aussi mélodieux.

Fakear Sauvage

Artwork Sauvage

Le reste de l’EP se déroule devant nous sans aucun accro. Les percussions sont omniprésentes et vont de corps avec les beats électros de notre musicien. « Darjeeling » nous fait voyager en Asie du sud alors que quelques parties électros tentent de percer le paysage sonore local. « Neptune » prend un parti plus violent qu’on imagine très bien en live. Quant à « Pale War God » et « Thousand Fires », les titres de fin, bien que savamment construits et plutôt accrocheurs, ils sont en deçà du reste de « Sauvage » par cette sensation d’avoir déjà entendu ce genre de choses auparavant. Mais allez ! Ce n’est pas si grave car cette galette est sans-doute la plus réussie jusqu’à présent.

Texte : Simon Sliman

Retrouvez Fakear :

 
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