CDLN – Les goûts et les cool heures

Toujours plantée dans le plus beau trou du cul du monde, cette édition 2016 du si grand petit festival restera dans les annales. La programmation et la météo exceptionnelles se sont en effet donné la main ce week-end et ont entraîné dans leur sillage des milliers de spectateurs torchés ou non. Pour ma part, c’est aussi sec que les copeaux des toilettes du site que j’ai vécu les trois quarts de cette réussite. Âgé d’un âge certain, j’ai en effet laissé le dimanche gratos supplémentaire aux acharnés et à ceux qui n’ont pas de papier à rendre deux jours plus tard… Voici donc une rétrospective qui m’a définitivement convaincu que j’étais enfin en vacances et surtout qu’il était possible de faire vivre des tonnes d’émotions sans des paquets de millions.

NDR (Note Du Rédacteur): L’Oiseau est une association composée d’une multitude de talents hétéroclites et le respect imposerait d’utiliser « nous » ou « on » pour conter les aventures musicales de ce week-end. Les meilleurs d’entre vous (ceux qui ont eu l’idée de lire l’intro en gros) auront remarqué que PERSONNELLEMENT, ça ME fait chier. Point d’égocentrisme ici, juste la sensation que la perception d’un tel événement est trop personnelle pour mouiller les pauvres collègues qui n’ont pas à être associés à ces avis, ces excès, et ces comportements. Ok ? Cool.

Fier comme un pape qui n’aurait jamais touché d’enfant et impatient comme la Vierge Marie avant sa première échographie, je suis donc arrivé sur place jeudi à 19 heures pétaradantes et pétaradé, badge presse autour du cou, pour prendre le pouls du festival et des nouvelles de Selen Peacock. Franchement pas convaincu par leur prestation lors de leur dernier passage au Bocal quelques mois auparavant, les régionaux de l’étape devaient laver l’affront tout en ouvrant les hostilités sur la scène Mer. Fort bien rattrapé-géré ! Dans leur folk pop indie groove afro beat jazz, les influences sont indénombrables mais on reconnaît très vite une chose : leur nouveau batteur apporte une très intéressante dimension au projet. Son sourire presque aussi beau que sa Sonor vintage vissé sur le visage durant tout le concert donnera le la des jours qui vont suivre.

Le duo caennais Daisy enchaîne aussitôt sous le grand chapiteau. La tâche est rude de dépuceler ce lieu idéal la nuit mais souvent frustrant en plein jour ensoleillé. Je n’adore pas et adhère peu. La chanteuse maîtrise absolument son sujet soul / pop mais j’ai beaucoup plus envie d’aller chercher une deuxième pinte que de rester là et à cette heure, ce n’est pas bon signe. Sous le 3ème œil, une demi-heure plus tard, les Sharkettes envoient leur rock embrumé dans lequel on voit beaucoup plus clair qu’à Coutances pendant Jazz sous les pommiers. Les deux Rouennaises ont fait de réels progrès et la colonne vertébrale du propos prend forme, ça y est !

Retour à la scène Mer et première grosse branlée avec Shiko Shiko. Je ne connaissais que de nom et en bien mais redoutais leur côté math rock dont le petit dépliant fourni à l’entrée faisait référence. Les Lillois ne font pas du tout dans ce genre souvent indigeste ou alors, pendant tout leur concert, j’ai été en 5ème C avec monsieur Roussel quand je comprenais encore les maths ! Bien au contraire, l’énergie débordante de rock en plus, on était ici plus proche du zouk qui fait trémousser les popotins les moins coincés. Littéralement possédé, les yeux révulsés et son instrument utilisé à bout de bras, le claviériste chanteur a mis l’assistance à genou. D’autant plus jouissif qu’il faisait sec et qu’on a donc pas pourri d’entrée notre seul futal…

FullSizeRender_1Harrisson Stafford & The Professor Crew embraye sous le Chapi’tophe. Le chanteur de Groundation donne ce qu’il peut pour me séduire mais je déteste le reggae et suis surtout déjà bien excité comme une puce. Incompatibilité d’humeur. C’est donc plutôt le moment d’aller voir les copains de The Goaties sous un 3ème œil bondé et déjà acquis à la cause de nos punks circassiens préférés. Le son est énorme, le set maîtrisé, la folie douce toujours là. Félix, Martin et Joseph sont désormais des hommes et nous, nous sommes tous comme des gamins à les regarder. Un tel show méritait probablement une scène plus avantageuse mais c’était au risque de perdre une part de leur magie rock’n’roll. On remet ça dans quelque temps quand la question ne se posera plus et que leur notoriété leur imposera les grosses scènes ? Merci pour eux !

Talisco prend le relais dehors et fait le taf avec son rock pop électro efficace. Le public répond aux sollicitations du chanteur mais perso, je reste assez hermétique à cette musique malgré la couleur de mon sang qui commence à changer à cause de la bière. Préférant naviguer sur Facebook une minute plutôt que de lever les bras en l’air à gauche et puis à droite et puis à gauche encore, je découvre alors avec stupeur et consternation qu’un gros bâtard vient de dégommer des dizaines de personnes à Nice au volant de son camion fou. Je suis sonné. Tout le monde se passe le mot et on sent un vrai flottement sur le site pendant un certain laps de temps. Sauf que nous aussi on est lancé gros bâtard ! Et on ne va pas s’arrêter puisqu’on ne fait rien de mal que savourer le présent.

IMG_5628La vie continue donc et il est bientôt minuit. Je suis posté au deuxième rang avec ma bande de jeunes pour le concert de Peaches et ne sais pas du tout à quoi m’attendre sauf à un truc spécial. Je ne serai pas déçu. D’abord totalement seule sur scène, la Grande Dame livre une prestation ahurissante et difficilement descriptible. Tantôt DJ, rappeuse, danseuse, performeuse, la Canadienne féministe aux 50 ans pas loin d’être tapés touche à tout et à tous. Alors que son couple mixte de danseurs arrivés plus tard déguisés en vulve géante gigote sur le plateau, la prêtresse insolente décide littéralement de marcher sur le festival et ses festivaliers. C’est un putsch ambulant cette femme ! Dans son costume à paillettes olé olé 12000, tout en chantant, elle tient debout sur les mains généreuses et déambule tant bien que mal. Alors qu’elle se rapproche de notre groupe, le bras tendu pour donner ma contribution à cette œuvre moïsesque, Peaches se casse la binette en arrière et mes doigts, au lieu d’un pied, soutiennent sa fesse droite. Pas farouche, sans un regard de plaisir, elle repart alors au combat sur scène pour une fin de show dantesque et de plus en plus dénudée. Mention spéciale à Burnie, guitariste chanteuse des Sharkettes qui relèvera le pari, pour son anniversaire, de braver crash barrières et gorilles pour aller voir son idole de très près sur scène. C’est finalement par Peaches herself et après quelques minutes qu’elle se fera dégager. Armée d’une bouteille de champagne prête à mousser, la diva punk-rap lui offrira une faciale dont elle se souviendra longtemps.

Pour être franc, la suite est assez floue mais je me rappelle avoir détesté Smokey Joe & The Kid et leur medley mal foutu des standards du rap US. Putassier + moche = interdit par la convention de Genève. Quant à l’électro-rock british de The Qemist qui avait le bon goût de mélanger du Prodigy pas bien réchauffé avec du Lost Prophets encore plus tiède, il aura eu le mérite au moins de nous faire marrer. Le final du final de ces premiers moments aura lieu, une fois n’est pas coutume, sur le camping, avec des inconnus qui ne se reconnaîtront pas le lendemain.

LA phrase du jour (entendue au camping justement) : « Ah bah t’es là toi ? Si j’avais su, j’aurais mis une culotte propre ! »

Vendredi. Réveil plutôt easy avec la dulcinée dans le Berlingo qui ne pue pas encore la vieille vinasse froide. La dizaine de pintes servie la veille ne semble pas m’avoir trop pourri la gueule. Elle ne vaut que quatre euros, entretient la fête, épargne du mal de crâne et fait aller pisser dans les chiottes les plus cool du monde toutes les vingt minutes. Parfaite cette petite pinte dites-moi ! Ce sera donc Granville à trois pour la journée. Pizza. Friperie. Achats compulsifs. Glaces easy. Digue. Les blagues de Raphaël Martin easy si pas plus longues que celles de Guy Montagné. Nous savons qu’il existe des activités toute la journée sur les lieux des concerts mais on préfère casser la routine en en créant une autre…

IMG_5660Un dernier calembour de niveau plus que zéro et c’est déjà retour et l’insoutenable attente pour la Colonie de vacances. Ce concept unique au monde qui consiste à placer le public au milieu de quatre groupes de rock jouant simultanément était l’attraction de cette programmation. J’avais déjà vu et surkiffé cet atypique spectacle au Cargö il y a deux ans et avais hâte de voir ça en plein air et d’apprécier leurs nouvelles compos en commun. Pneu, Electric Electric, Marvin et Papier Tigre se sont fait désirer une bonne demi-heure pour cause de problèmes techniques mais ont tout de suite rattrapé ce retard avec un set collectif qui est passé à la vitesse du son, de la lumière et de Ben Johnson période anabolisants. Quelle jubilation ! Fasciné par le jeu du batteur de Pneu et peut-être amoureux de la tronche de son gratteux, c’est naturellement que je me posai près d’eux tout en IMG_5744tournant la tête vers les autres groupes et le public souriant et chaud bouillant. Musicalement, c’est tellement difficile à décrire que je parlerai simplement de « fête » ou de « partouze sonore ». Les musiciens se regardent, s’écoutent, baisent, se reposent, rebaisent, boivent une bière, rebaisent… Pur voyeur pour le coup, après quelques verres de bon pinard et en bon journaleux qui s’implique, à l’instar de trois énervés juste avant, je me lançai dans un slam d’anthologie de trois minutes qui me verra rencontrer et embrasser un inconnu dans les airs. Cette deuxième soirée démarrait sur les chapeaux de roue ma foi… Un peu trop d’ailleurs car après une telle déflagration, il fut compliqué de se remettre en mode « normal » et « frontal » pour regarder un concert…

Sir Jean & NMB Afrobeat experience en feraient malheureusement les premiers les frais et d’autres suivraient… J’ai été pro jeudi, moins vendredi, on ne va pas se mentir. Bien parti pourtant dans mon état du moment pour apprécier The eye of time sous le 3ème œil, je faisais la rencontre de potes qui se faisaient, eux, chier. Ils m’emmenèrent alors vers d’autres sphères plus festives : les fameuses chiottes et sa sono débilos. Le petit quart d’heure que j’ai pu passer devant le projet solo de Marc Euvrie m’a cependant laissé de bons souvenirs sombres mais planants, je tenais à le souligner et à m’excuser auprès de cet homme sanguin qui pourrait m’en vouloir. Yaël Naïm, c’était beau mais lisse. Pas fort du tout. Mouais. Je me souviens quand même avoir sorti mon iPhone machinalement au moment de son tube qui avait habillé la pub Apple il y a quelques années. Putain de marketing. Bagarre lui succédait sur la scène Mer. Je me suis battu pour aimer et j’ai perdu. Trop hype. Trop faux.

Moi je voulais toujours plus de bière et de sincérité et JC Satan tombait alors à pique sous le grand chapiteau. Depuis le temps que j’en entendais parler en des termes élogieux de ce groupe français de garage ! Les débuts du set sont objectivement compliqués. Le batteur joue petits bras, le son est faible, l’envie des musiciens pas évidente… JC s’attend. Le concert ne cessera de monter en puissance mais sans jamais totalement convaincre et c’est peut-être dur mais je rejetterais bien une grande partie de la faute sur la chanteuse. Dépourvue de voix au début et de charisme tout du long de ces quarante-cinq minutes inégales, cette grande blonde tatouée a plombé mon plaisir. Les seuls moments où j’ai un peu godillé sont d’ailleurs ceux où elle se mettait en retrait pour laisser exploser son diable de guitariste et âme du groupe et son batteur retrouvé.

Il n’est alors qu’une heure du matin et il reste quelques belles choses à découvrir quand je décide plutôt de regagner le coin des bénévoles derrière. Avec ma nana qui ne sait pas trop comment elle est passée aussi, on tombe sur une bande de graffeurs rennais pas derniers sur la déconnade. The others, c’est leur nom de collectif, sont aussi bons sur les murs qu’à la murge et dégomment une bouteille de Calva hors d’âge. Le courant passe fort bien et il est 5 heures du matin quand tout ce petit monde réalise qu’ils sont les dernières personnes vivantes sur le site…

LA contrepèterie du jour (un graffeur) : « Un calcul et on s’en va ? »

IMG_5690Samedi. Réveil pas si pire. La Cale. Moules-frites. Du monde. La dalle. L’attente. Le dévorage. Le cagnard. La plage. Les coups de soleil. La trempette. Les coups de soleil. Elle est où la crème ? Trop tard.

20 heures. Freshcaencamps ouvre le bal et ne se sort pas mal de cette mission toujours délicate sur la scène Mer très ouverte et jamais baisante pour les groupes. Les sept Normands se démènent et la sauce prend enfin une fois le son bien réglé. C’est vivant et on en a tous besoin à ce stade précis de la compétition.IMG_5699

Prenant mon rôle de reporter très à cœur, je me rends à 22 heures à la conférence de presse d’Isiah, le boss des lieux. En sortant, je croise mon pote Basile derrière la tente de la Croix Rouge. Le mec est en train de se faire asperger ses guiboles rouge écarlate par un secouriste-pompier. Ses petits cris de douleur ne sont pas assez musicaux pour être chroniqués ici mais il y avait un potentiel insolation certain. Pour cette grande sauterie journalistique, je suis accompagné du grand Pascal Dickens qui se présente en stagiaire pour l’Oiseau. Alors que les débats ont déjà commencé et qu’ Isiah montre de réels talents d’orateur, mon stagiaire aussi cuit cuit que moi fait basculer la conférence dans l’absurde. Si l’intéressé principal qui nous connaît n’est pas surpris de la tournure des événements, les autres pros hyper sérieux semblent se demander si ce n’est pas un des spectacles de clowns de la journée qui s’est gouré de lieu et d’horaire…

On part finalement avant la fin et je retrouve un site bondé car complet et mes amis devant Abd Al Malik. Personne ne s’attendait à ce genre de show je pense. C’est comme si il y avait eu un avant et un après Stromae dans la carrière du slameur français. Très visuel, très électro, le fan de Brel qu’on savait expressif saute cette fois carrément partout et réussit à conquérir une fosse pleine à craquer.

IMG_5727Quand on déboule sous le petit chapiteau un peu en avance pour être sûr de ne pas les rater, les gars d’Inaniel Swims s’installent encore. Un écran est disposé devant eux sur scène et le public survitaminé se délecte des images absurdes projetées dessus tout en dansant comme des piles sur de la musique digne des clubs les plus huppés de la capitale. Le but est de faire patienter entre les concerts et je l’entends bien mais ce n’est pas un cadeau pour notre groupe caennais qui fait plutôt dans la pop indie feutrée. Le quatuor se sortira finalement très bien de ce piège et gagnera un auditoire dense composé de potes mais aussi d’oreilles neuves attentives et visiblement séduites par ce concert finalement plus foutraque que feutré. Je suis tellement heureux pour eux que je décide à un moment donné de slamer une nouvelle FullSizeRenderfois en deux jours. Fiasco total. Raide comme une saillie, ce qui devait arriver arriva : je grimpe sur la barrière, me casse la gueule, renverse ma bière sur le plateau et quand je suis enfin apte à y retourner, le morceau se termine. Je suis le premier à en rire. Le deuxième, c’est Peter, claviériste du groupe. Il me baragouine un truc et je me retrouve alors à appuyer tout le long du morceau suivant sur une touche en dansant comme un con. J’ai su plus tard que d’habitude, il met un scotch pour tenir la note mais qu’il l’avait oublié et que j’étais alors comme tombé du ciel. ‘Service ! Souvenir surtout ! Je slamais quand même à la fin de ce guest improvisé mais bien moins longtemps que la veille… Merci les gars, ça restera un grand moment de ma carrière débutante de presque journaliste gonzo. Toucher un piano est moins moelleux que le cul de Peaches mais assurément plus fort émotionnellement.

Gérard Baste est le plus beauf des cool à moins ce ne soit l’inverse. Son rap bordélique et généreux comme ses cheveux et son bide très vite à l’air a ravi un parterre de fans hardcore. Glass, classe. La soirée se finira sur Carpenter Brut, de la synthwave française aussi fatos que ringarde. J’ai pas aimé du tout mais j’ai dansé comme un fou, vous voyez le genre ?

De retour derrière, on ne retrouvait malheureusement pas nos graffeurs adorablement couillons de la veille. Nous n’étions plus qu’Agathe ma nana, Raphaël le blagueur, un cuisinier foutrement éméché et moi pas loin d’être du même tonneau. Devant notre ultime verre de jaja rempli à ras bord de grand godet, celui qui avait préparé à manger aux artistes dans la soirée nous fit un numéro inattendu. Sceller la porte de la cuisine avec une visseuse bruyante et des planches en bois n’était pas assez saugrenu, le monsieur testait en direct la qualité et la sécurité de son travail en donnant d’énormes coups de pied dedans. La porte s’ouvrait et il recommençait. Fascinant.

À cours de clopes sur le trajet du retour, j’échangeais une bouteille de bon Bordeaux contre une Camel à un festivalier rampant revigoré par l’aubaine. La messe était dite et il était temps d’arrêter les conneries.

LA phrase du jour (Agathe) : OKLM je croyais que ça voulait dire « OK Les Mecs » moi !

LA blague du jour (par Raph) : Pourquoi Hitler ne buvait pas ? Parce qu’il avait l’alcool mauvais.

Le lendemain ne fut pas plus dur que les deux précédents et j’en remercie encore Mr Kronenbourg qui coupe en amont ses fûts de binouze à la Volvic. Cela a été beaucoup moins évident en revanche d’écrire tout ça 48 heures plus tard avec la descente et les trous noirs inévitables… Voilà, c’était donc mon dixième Chauffer dans la noirceur. Je l’ai déjà vécu à deux reprises en tant que musicien, sept en simple festivalier et c’était ce week-end ma première expérience en tant que détenteur d’un badge presse. Quel que soit le côté de la barrière, je peux désormais dire que ce festival est de loin mon préféré de tous les temps (comme la grosse caisse triggée de Carpenter Brut). Ses contraintes géographiques en font sa force : contrairement à beaucoup d’autres, il grandit plus qualitativement que quantitativement et avec une telle affluence cette année, on peut déjà rêver de futurs beaux noms et de très bons autres moments en juillet prochain. Vive Chauffer, ses trois cents bénévoles, le soleil, la mer, la musique et vive la pinte à quatre balles payable en liquide sans faire la queue bordel !

PS : Désolé d’avoir autant utilisé le « je » mais ma pauvre lucette…

Texte : Antoine Letouzey
Photos : Noé Roland & Antoine Letouzey